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En ce début de 21è siècle, la société occidentale est tellement
baignée de technologie que plus personne ne daigne faire l'effort
de la comprendre, ou de la maitriser pour en obtenir ce qu'il veut.
Au contraire, tel des enfants gâtés, nous imaginons pouvoir tout
demander à la technologie. Mais à croire qu'il n'y a plus de limite,
on tue les vrais rêves et on est forcément déçus lorsque
nous sommes confrontés aux contraintes inévitables de la Réalité.
Par dépit, nous sommes devenus consommateurs au lieu de producteurs.
La société est devenue autophage, à force de se nourrir de ses
propres idées sans les réaliser, à trop se réfugier dans ses propres fantasmes.
Par curiosité innée puis par besoin,
je me suis quand même lancé dans la quête de comprendre et maitriser les
techniques à ma portée, et je me suis investi dedans.
L'électronique, l'informatique et tout ce qui y touche,
sont des sujets d'émerveillement, de réflexion et de stimulation.
Et surtout c'est simple : ça marche ou non, il n'y a pas d'ambigüité.
Ainsi, j'ai pu redevenir producteur, car le meilleur
moyen de ne pas avoir à suivre, c'est d'inventer, d'innover,
de réaliser. Des idées, tout le monde en a, mais
ce qui a vraiment de la valeur, c'est quand on arrive à les
réaliser. Et ça devient rare et précieux...
Je guette et je savoure ces instants où l'idée
délirante, qu'elle soit la mienne ou d'un autre artiste,
prend enfin vie après des jours ou de mois de travail
et de recherches, de construction soigneuse et de remises en questions.
C'est toujours émouvant lorsque les premières lumières
s'allument, lorsque les modules enfin assemblés s'animent de concert.
Car transposer un imaginaire merveilleux dans la réalité, c'est ça la magie.
Pourtant, je ne suis pas Magicien, je suis juste un
technicien qui essaie de transcender un savoir et une capacité
très terre-à-terre, souvent triviale pour moi ou ennuyeuse pour d'autres.
Je rêve de faire des Belles Choses que les machines ne pourraient pas faire,
des pièces uniques incompatibles avec la production à la chaine.
Je crois qu'on peut appeler ça de l'art, donc.
Yann Guidon, 15 septembre 2009
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